Le 16e Rendez-vous horticole débute ce vendredi 24 mai et se termine le dimanche 26 mai. Pour plus d'information, consultez le site du Jardin botanique de Montréal.

mercredi 22 mai 2013

Un petit coin d'pa-radis...



Il mesure moins d'un mètre carré ce petit coin de pa-radis. Malgré sa modeste taille, il me fait sourire puisqu'il ajoute du piquant à ma vie! Oui, il s'agit littéralement d'une minuscule zone de mon terrain (comprise entre le nouveau pin suisse, le sentier de pierres créé pour les enfants et le sentier principal de pavé en façade) où poussent des radis.

Prêts à être croquer.

Au printemps 2012, j'y ai semé quelques radis 'Purple Plum' (Raphanus sativus var. radicula) choisis pour leurs mignonnes tenues rose violacé. J'ai laissé fleurir quelques plants et nous avons été ravis d'admirer cette  délicate floraison rose portée sur des longues tiges. La piéride, le papillon du chou, s'est fait un plaisir de visiter régulièrement les fleurs. Laissés devenir complètement matures, certains radis sont devenus monstrueux de la racine, ce que les enfants ont adoré. Suivant les fleurs, des siliques sont apparues, réservant chacune quelques graines brunes qui se sont déposées ici et là pour revenir ce printemps dès le temps opportun.
Fleur du radis (Raphanus sativus var. radicula
Bien qu'ayant été retournée, la terre du coin d'pa-radis est remplie de relèves. Ma seule intervention est donc d'éclaircir les plants en trop, ce que j'ai fait deux fois jusqu'à maintenant. 

Je fais de même avec l'arroche (Atriplex hortensis), une jolie annuelle à feuillage vert ou rouge pourpre, qui se ressème beaucoup! C'est l'une des premières plantes à se germer au printemps puisqu'elle aime les températures fraiches. Ses jeunes feuilles comestibles se dégustent comme l'épinard et on laisse la plante monter en fleur pour apprécier son aspect esthétique mis en valeur au soleil déclinant. Aussitôt que les graines semblent vouloir tomber, je taille la majorité des plants, sous peine d'être envahie d'arroches l'été suivant!
Arroche 'Opéra' (Atriplex hortensis 'Opéra')

Bien sûr pour profiter des joies des plantes qui reviennent par elle-mêmes il faut lâcher-prise quelque peu. Cela signifie devoir s'habituer à voir des petites zones de notre jardin avoir un air un peu délaissé au printemps pour donner une chance aux semis de lever. Essayez cette année avec de la laitue, de la moutarde ou de la coriandre: permettez au plant le plus vigoureux de monter en graines, observez leur transformation parfois étonnante et laissez la nature travailler un peu plus pour vous...

lundi 29 avril 2013

Dites pissenlit!

Équiterre a lancé le 21 avril dernier un joyeux concours qui met à l'honneur le pissenlit, roi printanier de nos pelouses! Interviewée récemment par un journaliste du Journal de Montréal sur le sujet, il me demandait pourquoi le pissenlit était si mal aimé. Hum, bonne question! Je suppose que sa criante présence jaune dans l'uniforme gazon vert et sa ténacité sont les causes de son statut de persona non grata dans nos jardins. Il est vrai que sa racine pivotante ne s'arrache pas aisément et que ses graines qui se parachutent à la moindre brise s'installent partout, même dans les endroits les plus incultes. Ces caractéristiques doivent rendre fous ceux et celles qui adorent les aménagements manucurés. 



Ils n'ont même pas l'air de souffrir de leur condition de pissenlits d'asphalte!


Personnellement, le pissenlit est mon ami. C'est le symbole du printemps, de la jeunesse. Il incarne le  soleil, invite les premiers butineurs, se laisse cueillir par les enfants (quoiqu'il ne reste pas beau très longtemps en vase...) et est plein de bonté pour notre santé. Les seules raisons pour laquelle je l'arrache, c'est qu'il moins bienvenu à travers mes plates-bandes et parce que j'aime en faire du purin. D'ailleurs, la présence abondante de pissenlits indique qu'un sol est compact et la meilleure façon de les enlever, tout en aérant le sol, est de les arracher avec un outil. Bien sûr, il y a les désherbants, mais ce n'est pas moi qui vous les recommanderai avec entrain.
Mon premier pissenlit de la saison cueilli entre un bâtiment et le trottoir au centre-ville de Drummondville la fin de semaine dernière.
Mais revenons au concours J'aime les pissenlits! Il vous suffit d'envoyer votre plus belle photo sur la thématique du pissenlit pour peut-être vous mériter l'un des cinq prix, dont un forfait de deux nuits pour deux personnes au Spa Eastman ainsi que le Guide du jardinage écologique par Edith Smeeters. Quelle bonne initiative pour faire la paix avec les dandelions!

Pour en savoir plus et participer, visitez le site d'Équiterre.

vendredi 26 avril 2013

Papotons potager

La majorité des joyeux collaborateurs du guide étaient présents au lancement.
Photo tirée du site Le potager urbain.
Dimanche dernier, j'étais au lancement du guide Le potager urbain avec ma famille. Ce fut un merveilleux moment et une belle occasion de rencontrer enfin en chair et en os des gens que je côtoie virtuellement depuis quelques années, comme Manon de Savoir-faire à conserver et Michel Richard des Potagers d'antan. De revoir Michel, Josée, Nicolas Cadilhac, Ismaël Hautecoeur et de faire connaissance avec Anne Villeneuve, Gaëlle Janvier et Edith Smeesters m'a évidemment beaucoup plu! Michel relate l'événement sur son site et vous pourrez imaginer l'ambiance qui régnait en visionnant ses photos!
***
Semis de basilic 'Dolly', une nouvelle variété au jardin qui devrait produire 50% plus de feuilles que les variétés Genovese traditionnelles!!! Effectivement, j'ai remarqué que les pousses semblent plus robustes que celles que j'ai semées par le passé.
Assurément, la saison tournera beaucoup autour des plantes potagères avec le guide maintenant lancé et les Incroyables comestibles qui comptent maintenant de nouveaux instigateurs au Québec (d'ailleurs, plusieurs étaient présents au lancement). Ce mouvement contagieux en Europe m'a aussi emballée: j'adore autant jardiner que de propager l'idée que tout le monde devrait être en contact avec un espace à cultiver. C'est pourquoi j'ai décidé moi aussi de démarrer les Incroyables comestibles à Salaberry-de-Valleyfield.

Pour débuter, j'ai pensé qu'un atelier de semis avec la classe de maternelle de ma fille serait un bon départ puisque l'éducation est coeur du mouvement. L'enseignante de ma fille, Anie, a accueilli le projet avec enthousiasme. Par la suite, j'ai demandé une contribution au propriétaire des Serres Latour, Stéphane, qui a volontiers offert terreau, pots pour le repiquage et quelques semences. Parlant du projet à Micheline, une amie qui pratique la permaculture, celle-ci s'est empressée d'offrir une belle sélection de semences ainsi qu'un coup de main au besoin. Finalement, accompagnée de Micheline, son fils ainsi que de mon voisin retraité Michel, toujours partant pour aider, nous avons semé le 12 avril dernier avec les enfants et l'enseignante tomates, basilics, cosmos, aubergines, piments doux, thym commun et plus encore. Les enfants étaient réellement heureux de jouer dans la terre, étaient minutieux avec les petites graines et arrosaient avec attention. Pour propager le goût de cultiver à la maison et pour remercier les petits elfes, ceux-ci repartiront avec une plante en mai, alors que l'autre partie ira au projet des Incroyables comestibles.

Nous en sommes maintenant à choisir le meilleur endroit pour démarrer la première plate-bande dans le quartier St-Timothée, idéalement un endroit qui sera accessible aux résidents pour cueillir aisément les récoltes gratuites, mais qui serait aussi à proximité de l'école afin que les jeunes voient et participent à l'évolution du potager. Dans tous les cas, si vous êtes du coin, n'hésitez pas à me contacter pour vous impliquer! Plus on sera à participer, mieux le projet répondra aux besoins de notre communauté.

Et si vous n'êtes pas du coin, pourquoi ne pas démarrer un petit projet chez vous ou rejoindre les groupes de Westmount, Drummondville, St-Élie-de-Caxton et Québec (voir sur Facebook)! Informez-vous aussi sur la démarche en cinq étapes sur le site des Incroyables comestibles France.
***
Crocus chrysanthus 'Snow Bunting'
Autour de chez moi, ça se réveille! Et chez vous aussi, j'imagine. Je suis toujours aussi fascinée par le printemps, par sa présence si inspirante. À chaque tournée journalière, c'est l'émerveillement! Les crocus connaissent leur moment de gloire, qui seront suivis d'ici quelques jours par les narcisses, les primevères, les pulmonaires, les anémones, les tulipes... Depuis trois bonnes semaines, l'ail d'automne pousse en façade: le Northern Quebec fut le premier à casser la croûte de terre. La rhubarbe exhibe déjà ses bourgeons foliaires à l'aspect d'un cuir froissé, la ciboulette à l'ail sera la première fine herbe dégustée en salade... Ah! définitivement, ce sera le retour des bonne choses à portée de main!
Ail d'automne 'Northern Quebec' démontrant une vigoureuse croissance.
Cette variété semblerait être adaptée depuis la Nouvelle-France.
Brunnera
Plus ça pousse, moins mon envie de racler les feuilles des plates-bandes de vivaces et d'arbustes me démange. Il y a une brève période au printemps où je trouve difficile de voir les feuilles joncher le sol, spécialement celles provenant des plantes même dont elles recouvrent les pieds. J'en déduis que c'est mon éducation d'horticultrice (mais aussi la façon de faire partout) qui me met dans cet état puisqu'on nous a enseigné à nettoyer les plates-bandes, à considérer que c'est «sale» des feuilles mortes au pied des plantes.  Pour convaincre cette petite voix qui voudrait voir un sol nu, je soulève délicatement une couche de feuilles et quand je vois tous ces vers de terre qui s'activent, qui creusent des tunnels et que j'imagine tous ces menus décomposeurs, je me sens apaisée. Y'a pas plus naturel que ce paillis qui nourrit le sol et par ricochet, les plantes et qui maintient l'humidité.
Les narcisses passent à travers le paillis de feuilles sans effort.
Seules les sections potagères ont été raclées récemment. Pour la première fois, j'y ai épandu des cendres de bois de feu propre. Appliquées avec parcimonie, les cendres apportent du potassium et alcalinise le sol. Autrefois, il était courant d'utiliser cette matière jusqu'à ce que la chaux vienne les remplacer. Je suis bien contente d'avoir valorisé ce résidu qui aidera à produite des plantes plus vigoureuses.

Pour terminer, je vous enjoigne à vous procurer le dernier livre de Lili Michaud, la deuxième édition améliorée de Mon potager santé. Il est bourré de bonnes raisons de cultiver ses aliments, de conseils pour démarrer un potager bio en pleine terre et en pots, dont comment concevoir ses propres bacs à réservoir d'eau. J'aime beaucoup les fiches de cultures des légumes: ce sont des condensés d'informations pratiques qui vous permettront d'obtenir des récoltes abondantes pour chaque plante potagère cultivée. Quoique souvent trop petites à mon goût, les illustrations nombreuses sont appréciées. Le livre porte réellement bien son nom de «petite bible de la culture écologique des légumes» et deviendra sûrement un «outil» de travail populaire en agriculture urbaine.

Lili Michaud
Mon Potager santé
Éditions MultiMondes (2013)
prix suggéré: 27,95$ (papier) et  19,99$ (électronique)

Pshitt! N'oubliez pas que les températures fraîches sont idéales pour semer vos épinards, roquettes et pois à l'extérieur!

Droits réservés

Creative Commons License
This work is licensed under a Creative Commons Licence.
L'auteur de ce site écrit pour son plaisir avec toute la rigueur possible. Dans ce sens, elle ne saurait prétendre que ses conseils sont les meilleurs. Notez donc que l'auteur n'est donc pas responsable des résultats négatifs suite à des conseils offerts ici.