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À lire d'une couverture à l'autre, le dernier numéro du magazine canadien Garden Making avec des articles sur les plantes indigènes ( des questions et des réponses étonnantes), les nouvelles échinacées, les érables de modeste taille pour les petits espaces, l'intégration réussie des bulbes d'automne au jardin, les laitues de fin de saison à semer maintenant et j'en passe!

samedi 29 septembre 2012

Charmant automne chargé

Schizanchyrium scopoarium. Je développe un attachement pour cette graminée indigène robuste et différemment attrayante au cours de l'été et de l'automne.
Nous avons officiellement les pieds dans l'automne! Je suis toujours un peu abasourdie quand cette saison arrive, comme si on m'avait donné un léger coup sur le crâne! Fini l'été? Déjà? Il faut passer au mode dernières récoltes, préparation du terrain, divisions et déplacements de vivaces, tonte de feuilles mortes, rentrée des plantes tropicales et des bulbes tendres, nettoyage de la remise, des outils...

Une énumération de choses à faire comme celle-là donne des maux de tête, c'est pourquoi je préfère accomplir quelques tâches chaque jour, aussi simples soient-elles. Au bout de quelques semaines, j'ai fermé le jardin et ça n'a pas été trop pénible. Bien sûr, j'ai l'avantage d'être à la maison avec mes enfants, j'ai donc la possibilité de ne pas surcharger mes fins de semaine de corvées. Et si possible, je débute avec les tâches qui me rebutent le plus, comme celle de rentrer toutes mes plantes tropicales qui ont passé l'été dehors... Elles sont si épanouies que je trouve ça toujours déchirant de les sortir du confort de leur pot, de couper leurs racines et leur feuillage pour finalement les disposer dans de plus petits contenants. Et les premiers temps, on dirait qu'elles boudent à l'intérieur alors qu'elle tente de s'accommoder à leur nouvel environnement. Malgré tous les inconvénients, je ne saurais me défaire de ces belles vertes qui finissent par reprendre du mieux pour égayer et purifier la maison durant la saison froide.
Clivia miniata. Peut-on se passer d'un tel spectacle au mois d'avril???
L'automne pour moi est aussi synonyme de bilan. Je résume dans un cahier les succès et les erreurs de l'été. Quand je me relis pendant l'hiver, je sais que je dois «absolument semer encore plus de basilic parce qu'on en a manqué l'été dernier» ou «éviter de resemer mes graines de périlla pourpre qui définitivement ne lèvent pas». 'Également, j'y écris les plantes à déplacer ou les trous à combler. D'ailleurs, l'automne est une saison idéale pour faire de la transplantation.

À ce sujet, je vous invite chères lectrices et lecteurs jardiniers d'ici et d'ailleurs à participer à un bel événement! Afin d'augmenter les possibilités d'échanges de plantes au bénéfice de tous, Nicolas Cadilhac lance un blitz avec Plantcatching le 6 et 7 octobre. «Ensemence ta ville» veut donner un grand coup pour faire connaître le projet dont je vous ai déjà parlé auparavant. Prenez vos truelles ou vos bêches, sortez de terre une division de plante ou un semis spontané, mettez l'heureuse élue en pot et suivez les instructions simples pour le don sur le site! Les matériaux de jardin et les surplus de récoltes sont également bienvenus. Profitez de votre visite sur le site pour vous inscrire et enregistrez vos requêtes de plantes: vous multiplierez les probabilités d'avoir vos plantes favorites autour de chez vous.

J'ai déjà commencé à empoter des variétés en trop que j'offrirai au voisinage à différents endroits. Plus nous sommes à donner, plus nous nous offrons la chance de profiter de ce site et de trouver des plantes gratuites pour notre plus grand plaisir de jardiniers! 

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Phaseolus vulgaris 'Neckargold'. Productif et savoureux, nous avons aimé ce haricot grimpant jaune. Assurément, je conserverai ses semences.
De plus en plus de jardiniers ne rasent plus tout leur jardin à l'automne. Il est bon de laisser sur place certaines plantes pour différentes raisons. Premièrement, en laissant les plantes vivaces, annuelles et bisannuelles atteindre leur maturité, on s'offre la chance de recueillir leurs semences. Que ce soit pour les ravoir au jardin l'année prochaine, pour offrir nos variétés préférées en cadeau ou pour s'alimenter (je pense ici aux graines comestibles telle que la coriandre et aux délicieuses micropousses), toutes les raisons sont bonnes pour voir notre ancolie, notre roquette ou notre persil faire des graines. Pour en savoir un peu plus sur la procédure de récolte des graines, lisez cet article bien détaillé de Sylvie Perron.
Calendula officinalis. Une annuelle tellement facile! Autant appréciée dans mes bordures que dans ma pharmacopée!
Fleurs de Calendula officinalis mises à sécher. Elles seront macérées dans l'huile d'olive pour fabriquer une huile médicinale excellente contre l'eczéma et les bobos de toute la famille.
Lactuca sativa. Laitue en graines.
Les herbacées fanées sont également un garde-manger pour la faune ailée! Chez moi, je laisse quelques tournesols et toutes mes échinacées sur tiges afin que les oiseaux puissent s'en nourrir.
Echinacea purpurea. Certains oiseaux raffolent de leurs graines.
Finalement, laisser en place les plantes c'est aussi leur donner la chance de se protéger contre les fluctuations de températures en formant un paillis de leurs propres résidus. De plus, une partie se décomposera au jardin et ça, c'est le garde-manger des micro-organismes et des insectes utiles! Pour ma part, dans les zones où les vivaces sont majoritaires, je laisse les feuilles mortes sur place. Je dégage parfois le pourtour de quelques plantes au printemps comme les muscaris et narcisses, mais à vrai dire, la plupart des plantes s'arrangent toutes seules pour transpercer la couverture de feuilles. Ce paillis nourrissant évite aussi bien du désherbage pendant l'été! Néanmoins, pour les zones du jardin plus potagères, j'enlève les feuilles dès que c'est bien réchauffé et je les transfère au compost.

Mais avant d'en arriver là, offrons-nous encore des petits moments pour flâner au jardin pour se gaver de ses contrastes et de ses textures tout en appréciant la fraicheur automnale tant attendue...

Bon automne!

samedi 22 septembre 2012

S'entraîner naturellement pour le Festival Flora Urbana 2012

Tout comme l'an passé, j'ai été invitée par Roger Latour à contribuer au Festival Floral Urbana, qui est en fait un laissez-passer pour s'exprimer sur son blogue sur le thème large de la nature! Mon choix s'est arrêté sur mon expérience d'entraînement qui a lieu dans ce cadre enchanteur qu'est le parc régional des îles de Saint-Timothée. Un extrait?

Parvenue sur l’île Papineau, je tourne sur ma gauche pour joindre une digue asphaltée construite par Hydro-Québec. D’un côté, la rivière St-Charles autrefois surnommée romantiquement la rivière aux étrons. De l’autre côté, un plan d’eau calme, le Fleuve St-Laurent et au-delà, Les Cèdres, dont seul le clocher de son église qui perce la végétation nous indique qu’il y a village. La vue est sereine en cette fin de journée.

Je vous invite à lire l'entièreté du texte chez mon hôte et à visionner les photos (les miennes, mais surtout les belles photos d'archive). Ne vous gênez pas pour lire les autres contributeurs! J'ai spécialement eu un faible pour le texte de Charles L'Heureux portant sur l'orme de Camperdown.


mardi 11 septembre 2012

Il y a sécheresse? Il y a vainqueurs!

La plupart des Québécois s'entendent pour dire qu'il a fait "beau" cet été. Et ce n'est pas terminé! Certes, il a fait beau, mais il y a eu sécheresse aussi! Je crois pouvoir affirmer que nous avons tous à différents degrés été des pompiers durant cet été; il fallait arroser régulièrement sous peine de voir mourir nos plantes, qui auraient été par la suite, réduites à l'état de poussière!


Toutefois, ces moments d'extrêmes températures permettent de faire d'étonnantes découvertes. Certaines plantes se sortent bien de ces situations, d'autres se démarquent! C'est la question que j'ai posée à Sylvie, propriétaire de la pépinière Vivaces de l'Isle, et à sa soeur Martine lors d'une visite vers la fin juillet. En réalité, ma question était plus précise encore "Quelles sont vos vivaces coups de coeur qui s'accommodent d'un sol sec et d'une situation semi-ombragée ou ombragée?"
Avec moi, Martine, soeur de Sylvie, réfléchit à la question...Par Colette Leclair.

Comme une des spécialités de Sylvie est les plantes rares ou méconnues, vous pouvez vous attendre à de belles découvertes ou redécouvertes!

Notez bien que les plantes décrites ici peuvent être offertes en quantité limitée par la pépinière. Faites votre demande, mais prévoyez peut-être un délai. Il faut savoir aussi que les plantes présentées sont bien implantées: un arrosage est à prévoir la première année de plantation. Elles seront résistantes à la sécheresse par la suite!
Ligularia japonica
Cette ligulaire japonaise possède un feuillage qui ne passe pas inaperçu. Ce dernier est profondément découpé et élégant. La fleur jaune peut s'étirer jusqu'à 1,50m. On dit de la plante qu'elle aime un sol humide, même argileux. Elle est ici en sol sec, exubérante malgré le peu de soin qu'on lui a alloué!
Ligularia japonica. Par Jasmine Kabuya Racine.

Syneilesis aconitifolia. Par Jasmine Kabuya Racine.
Pour Martine, le syneileisis fut une révélation. Cette plante de sous-bois a une allure exotique avec ses feuilles en forme de parapluie déchiré (en anglais elle porte le surnom de shredded umbrella). Elle se contente bien d'un sol drainé et sec. Ce membre des astéracées (tout comme la ligulaire) produit une fleur quelque peu ordinaire. Elle atteint 60 cm de haut et s'étale lentement au jardin.
Geranium nodosum  près du solage de la maison. Par Jasmine Kabuya Racine.
 Délicat, mais vigoureux par sa capacité à se ressemer, ce géranium (Geranium nodosum) fleurit tout l'été, et ce, même à l'ombre sans nécessiter une abondance d'eau. Il formera un petit tapis de 35 cm de haut.
Geranium nodosum. Par Jasmine Kabuya Racine.

Saxifraga urbium 'Aureo punctata'. Par Jasmine Kabuya Racine.
  Malgré l'absence de floraison, cette saxifrage (Saxifraga urbium 'Aureo punctata') a un aspect intéressant avec son feuillage vert luisant tacheté de jaune, comme si on l'avait aspergé d'eau de Javel! Petite, mais coriace, la plante se plaît en milieu semi-ombragé ou ombragé dans un sol drainé. De petites étoiles roses perchées au-dessus des rosettes de feuilles émergent au printemps. Elle est, parait-il comestible, des fleurs aux feuilles.

Vernonia baldwinii. Par Jasmine Kabuya Racine.
Le genre Vernonia peut atteindre facilement les deux mètres. Par contre, l'espèce présentée ici est plus modeste avec ses 90 cm de hauteur. J'aime bien son feuillage dans une teinte de vert argenté qui apporte douceur dans ce coin ombragé. Cette astéracée (ma foi, c'est une famille vedette!) est originaire du centre des États-Unis. Contrairement à ses congénères qui apprécient des sols plus humides, V. baldwinii colonise les lieux plus arides comme les chemins de fer et les prairies. Des fleurs pourpre-violet, semblables à de petites centaurées, apparaissent rassemblées en corymbes entre juillet et septembre. À intégrer dans un jardin de style champêtre. La plante peut se reproduire très aisément par semis.

Persicaria virginiana 'Painter's Palette'. Par Jasmine Kabuya Racine.

 Les persicaires, de plus en plus populaires au jardin, sont reconnues pour leur détermination à croitre dans des situations difficiles. Persicaria virginiana 'Painter's Palette' ne fait pas exception. La plante possède un feuillage attrayant vert marbré de crème (ou l'inverse selon la luminosité!) et rehaussé d'un V rouge-brun. La plante peut s'utiliser en massif, mais peut aussi être employée pour offrir une touche contrastante dans une plate-bande. Elle atteint 60 cm de haut et porte en juillet de longues tiges lâches parsemées de petites fleurs fuchsia.

***
Accompagnée de ma belle-maman Colette, j'ai eu le plaisir de découvrir cette pépinière que je connaissais seulement virtuellement. Évidemment, avoir été riche, je serais repartie avec plusieurs spécimens sous les bras! J'ai été raisonnable et je me suis offert qu'une plante: Gillenia trifoliata, une petite indigène de l'est des États-Unis. Cette petite 'Miss parfaite' aime l'ombre légère ou la demi-ombre, possède un feuillage dense et sain, offre en début d'été une floraison abondante de petites étoiles blanches et supporte la compétition des racines pour autant que le sol soit quelque peu fertile. Je la désirais beaucoup, surtout que j'avais essayé de l'obtenir par semis et que ceux-ci, quoiqu'ils aient levé, avaient rendu l'âme faute d'arrosage...

Je termine en vous laissant contempler quelques photos de notre visite.
Peu d'hémérocalles m'émeuvent. Celle-ci oui. Hemerocallis 'Kindly Light'.

En arrière-plan, Cephalaria gigantea. J'adore ce mélange de statuesque et de légèreté.

Intrigant Acanthus hungaricus.




Colette soulignée par la douceur des épis de la Sanguisorba obtusa.

Un condo que j'habiterais volontiers si j'étais oiseau.



Vénérable érable.

La passionnée impressionnée. Photo de Colette Leclair.

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