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À lire d'une couverture à l'autre, le dernier numéro du magazine canadien Garden Making avec des articles sur les plantes indigènes ( des questions et des réponses étonnantes), les nouvelles échinacées, les érables de modeste taille pour les petits espaces, l'intégration réussie des bulbes d'automne au jardin, les laitues de fin de saison à semer maintenant et j'en passe!

lundi 25 juin 2012

Fleurs d'ail, du jardin à l'assiette

Si facile à cultiver, je prédis que l'ail deviendra une de ces plantes comestibles incontournables au jardin. Le jardiner débutant peut sans peur semer quelques gousses et récolter le fruit de son peu d'effort au mois de juillet (pour en savoir plus, lire mon billet ici ou attendre ma capsule dans le Coup de pouce d'octobre 2012). La culture de l'ail ne nous offre pas que des gousses, il nous fait cadeau aussi de la fleur d'ail, un véritable petit délice gastronomique! C'est autour de la mi-juin que commence la cueillette de ces drôles de sommités enroulées et pas encore écloses que les anglophones nomment garlic scapes
Mon fils de 3 ans a bien aimé couper la fleur d'ail.  Sa forme originale lui plait beaucoup.

Pourquoi cueillir la fleur d'ail? Premièrement, parce qu'en taillant la fleur on redirige l'énergie de la plante vers le bulbe, partie que l'on désire justement bien dodue. Deuxièmement, parce que la fleur est comestible. Pour la récolter, il suffit de tailler la tige florale juste au dessus du feuillage avec un ciseau ou un sécateur ou même à l'aide des doigts. On cueille de préférence sous le soleil de l'après-midi pour que le suc coagule rapidement et éviter ainsi de rendre la plante vulnérable à des maladies. 


La fleur d'ail peut se consommer fraiche et se conserve quelques semaines au réfrigérateur. De saveur plus douce que la gousse, la fleur fera merveille dans des plats où on aime l'ail, mais plus subtilement. La tige fait aussi un délicieux accompagnement cuit et peut être dégustée comme une asperge. Dans une papillote de poisson, c'est très bon! On pense aussi à la faire griller, à l'ajouter à une pizza ou à la faire sauter avec du beurre.

Pour ma part, j'ai testé la recette de pesto de fleur d'ail de Mélinda Wilson, tirée de son livre Fleurs comestibles. Il suffit de mettre dans un robot les fleurs d'ail accompagnées de leurs tiges grossièrement hachées avec la même quantité d'huile d'olive. On mélange jusqu'à homogénéité. On ajoute de l'huile si la texture est trop épaisse et on termine avec quelques gouttes de citron. On conserve notre pesto dans des petits pots de verre ou de plastique ou même sous forme de glaçons qu'on démoulera et identifiera dans un sac de plastique. On aura ainsi notre fleur d'ail à portée de main pendant toute l'année.

jeudi 14 juin 2012

Fraises des pelouses, oignon en fleur et légumes troués

Jeudi matin, il est 10h00 et je passe la tondeuse. Tout à coup, une vision de petites taches rouges au sol m'arrête. Ce sont des minuscules fraises (Fragaria virginiana) qui ne demandent qu'à être mangées pour collation! Je cours chercher les enfants et nous nous faisons un pique-nique sur-le-champs ou plutôt, sur la pelouse. Il faut dire que les fraises étaient surettes et qu'une sur deux finissait en purée entre nos doigts avant d'atteindre notre bouche, mais c'était rigolo!

Il y a quelques jours, ma voisine m'avait dit qu'elle aussi avait goûté aux fraises de sa pelouse et elle mentionnait qu'il serait bien de céder un peu de gazon pour en cultiver plus intensément. J'adore quand mes voisins parle ainsi!

C'est la période de l'année où les laitues sont généreuses. Hier, j'ai fait une salade niçoise (inspirée de cette recette) où le mesclun, le persil et les radis du jardin venaient donner toute la fraîcheur au plat. Aussi, les pois mange-tout font le régal de mon aînée, mais sont boudés par les garçons (ça viendra un jour l'amour du vert qui croque...).
Radis 'Purple Plum'
Ces petits succès potagers compensent les pertes comme ma moutarde de Chine (Brassica juncea) et mes navets qui se font littéralement bouffés par un insecte invisible en plein jour. Peut-être s'agit-il du perce-oreille? La moutarde s'en sort bien quoique je ne peux pas me servir de ses feuilles trop trouées. Quant aux navets, ma récolte s'annonce nulle. Je hausse les épaules et je laisse ces plantes en place comme buffet! Régalez-vous petites bestioles, nous, nous mangerons la bette à carde, les tomates et les courges d'été qui s'annoncent abondantes! Et pour ceux et celles qui voudraient quelques trucs pour débuter un potager ou comme moi, se consoler des insuccès au jardin, lisez ceci (en anglais).
Navet 'Purple Top White Globe' qui peine à produire...
Moutarde de chine qui semble bien appréciée par un certain insecte

Il est encore temps de faire des semis et c'est ce que j'ai fais aujourd'hui en semant des carottes, du chou kale, du chou-rave (sous la demande de mon grand garçon qui est tombé sur le petit pot de graines!) et des betteraves. Semer continuellement, c'est s'assurer des récoltes nombreuses tout l'été.

Ayant laissé un oignon en terre l'année passée, cette bisanuelle fera éclore une fleur sous peu. La tige florale est drôlement enflée et atteint un bon mètre. Michel, des Potagers d'antan, nous prodigue quelques conseils pour la conservation des bulbes et des semences. Jetez un coup d'oeil ici.

J'achève avec la photo d'un géranium qui, jusqu'à récemment, gardait son petit nom pur lui! Il y a souvent des plantes dans notre jardin dont le nom de cultivar nous est inconnu, jusqu'à ce que par hasard on tombe sur une photo ou qu'un ami nous révèle son nom. Dans ce cas-ci, il s'agit du Geranium x magnificum 'Rosemoor'. Pendant une bonne partie du mois de juin, il est couvert de fleurs mauves presque bleues. Il est mis en valeur lorsqu'accompagné de plantes au feuillage arborant le jaune, comme les Iris pallida 'Variegata' et l'origan doré (Origanum vulgarum 'Aureum').

Geranium x magnificum 'Rosemoor'

Une vision savoureuse qui récompense la jardinière...



jeudi 7 juin 2012

Une pelouse qui fait du bruit!

Je vous partage ici un excellent texte de Robert Poupart, membre très engagé du groupe environnemental Crivert. Paru récemment dans leur journal, j'ai demandé à son auteur si je pouvais le reproduire ici, ce qu'il a consenti en mentionnant "plus il sera lu...". Pour moi, ce texte résume très bien ce que nous vivons dans mon quartier. Entretenir une pelouse sans réfléchir apporte sans contredit une pollution sournoise qui empoisonne notre quotidien durant les beaux jours. En espérant que le message trouvera une résonance!
***

Nos quartiers évoluent au rythme de nos activités. Voilà plus de trente ans, nous emménagions dans le quartier de la Polyvalente avec nos enfants, un beau cadre de vie pour élever une famille. Les journées étaient bien chargées pour chacun : le travail, les enfants… Une belle animation rendait notre quartier vivant. Les enfants jouaient dehors et selon les saisons la rue était transformée en patinoire, piste de course, marelle, vélodrome, terrain de soccer... Les cris, les rires, les pleurs et les splashs dans les piscines étaient notre fond sonore. Et puis les enfants ont grandi et ont quitté les nids familiaux et ce sont les petits-enfants qui, lors de rares visites, font revivre le quartier comme autrefois. Maintenant le quartier est peuplé de retraités et certains trompent l’ennui avec une activité très importante: l’entretien de la pelouse !

En voici le déroulement. D’abord planifier le moment, de préférence entre midi et deux heures, à l’occasion en fin de semaine, quand les voisins ont de la visite, dînent sur leurs terrasses ou font une petite sieste sous leurs arbres. Alors on démarre la tondeuse, un monstre pétaradant comme une horde de Hell Engels chevauchant leurs Harley Davidson et c’est parti pour une bonne heure. Ensuite on sort le taille-bordure, il faut d’abord le régler pour qu’il émette le son le plus strident, c’est sûrement un engin qui agit par les ultra-sons et c’est alors la traque au moindre brin d’herbe qui dépasse et il y en a des recoins à vérifier. Mais ce n’est pas fini, il faut que le travail soit parfait! Alors les brins d’herbe tombés sur l’asphalte sont pourchassés avec la souffleuse à feuilles. Les deux ou trois sacs de gazon coupé, le fruit de ce labeur, sont alors aussitôt placés sur le bord de la route pour ne pas les oublier quand les bennes d’ordures passeront dans deux ou trois jours. Le compostage ? C’est quoi ? C’est pour qui ?

Quelques fois, le doux son de la tondeuse agit comme un réflexe pavlovien et fait penser que ça urge de couper le gazon, alors vous entendez un peu partout le bourdonnement de gens affairés à cette tâche primordiale. Le summum c’est quand vos trois voisins adjacents s’y mettent en même temps. Comme c’est une activité aimée, on se dépêche ensuite d’épandre de l’engrais et d’arroser souvent si le ciel est avare de pluie afin que l’herbe repousse le plus vite possible pour recommencer à la couper dans cinq
jours.

Faudra-t-il que notre ville édicte un nouveau règlement sur le bruit comme cela se fait dans certaines municipalités? Devra-t-elle distribuer des bouchons pour les oreilles ? Alors, avant que les voisins se fâchent, que la ville réglemente et que la brigade verte verbalise, chacun doit être conscient que ces activités qui semblent anodines sont en réalité de véritables nuisances qui gâchent notre qualité de vie quand elles sont pratiquées trop souvent et à des moments inopportuns.

Robert Poupard

vendredi 1 juin 2012

Semailles intensives, potager spontané et brouette espérée


Quelle température extraordinaire nous avons connue par ici! Les végétaux sont resplendissants! De mes plantes que je laisse vivre et se ressemer, il y a la coriandre qui profite des pluies abondantes et donne des petites feuilles très savoureuses pour les plats, les laitues délicates qui se laissent cueillir jusqu'à la montaison prochaine, quelques carottes 'Oxheart' qui se sont répandues sous le ginkgo, l'arroche rose pourpré, qui m'a étonnée par le nombre de semis qui ont levé, et ce hâtivement.


Revenir au jardin pour cueillir toutes ses petites choses à la fraîcheur incroyable me réjouit à tout coup. Très tôt, j'ai semé persil frisé, laitues rouges et romaines, mizuna et roquette dans l'espoir d'en avoir plein les bras! Si le persil a très bien fonctionné, mes laitues m'ont quelque peu déçue. Serait-ce les chaleurs soudaines qui les auraientt découragées de lever? Par chance, j'ai pu me rabattre sur cette  moutarde japonaise qu'est le mizuna, laquelle embellit la salade avec ses feuilles finement découpées et donne un petit mordant au sauté.

Chaque jour ou presque, j'ai semé un légume, une fleur, une fine herbe. Sincèrement, je ne saurais compter le nombre de semis effectués, mais j'imagine bien une abondance de fleurs et de légumes dans quelques semaines. Plusieurs plantes sont des nouveautés pour moi, comme la courge d'été Cavili, la nigelle 'Cramer's plum', le navet 'Purple Top White Globe', le radis 'Purple Plum'. À ce moment, de l'année, les plate-bandes ensoleillées en façade font un peu nues, quoique j'ai eu des compliments sur la beauté et l'évolution du jardin. D'ici quelques semaines, je sais que les tomates, les bettes à cardes multicolores, les carottes naines et violettes, le fenouil, les amarantes, les soucis, les betteraves pourpres et jaunes rempliront l'espace d'un joyeux fouillis alimentaire.
Plate-bande en façade le 8 mai
La même plate-bande le 29 mai
Avec le temps, les plates-bandes plus strictement esthétiques se garnissent assez bien, quoique j'aimerais beaucoup investir dans des arbustes et des conifères. Les vivaces hautes et bien touffues, me font oublier cette envie. 

par Jasmine Kabuya Racine
Barbe-de-bouc (Aruncus diocus) : facile, imposante et gracieuse à la demi-ombre
Hostas, barbe-de bouc, échinacées, et même cette jolie julienne des dames (Hesperis matronalis) au parfum plus ardent au crépuscule, embellissent le terrain sans exigence. Il y a également cet origan doré (Origanum vulgare 'Aureum'), adopté dans une vente d'annuelles qui revient toujours plus volumineux. J'adore son feuillage rampant odorant  et lumineux! Franchement, c'est une belle fine herbe vivace pour la demi-ombre, une valeur sûre autant pour la plate-bande que pour les pots et les bacs.

Julienne des dames, une échappée des jardins de la famille des crucifères. Elle se ressème de bon gré sans nuire.




En début de semaine, j'ai eu droit à un merveilleux cadeau de mes beaux-parents: une brouette! Étrangement, nous n'en avions pas et je rêvais d'en avoir une (j'espérais secrètement que mon homme m'en aurait acheté une pour la fête des Mères...) Au besoin, nous empruntions celle de notre voisine ou utilisions le chariot de plastique des enfants! Mon copain a monté la brouette couleur brique True Temper entouré de la marmaille: le plus vieux des garçons était complètement subjugué par l'objet et surtout par son petit pneu qu'il promenait partout. Maintenant, il joue avec la brouette, voulant même l'amener au parc...

Ma fille, elle, c'est les fleurs... Les cueillir, les humer, les observer, les déguster. Un de nos rosiers a fait éclore une rose qu'elle s'est empressée de respirer. Moi, le parfum des roses, ça me rappelle mon adolescence: il y avait des rosiers rustiques au parfum citronné dans le parc où j'allais écrire de la prose...

Et que dire du dernier de 13 mois? Je le vois tripoter mes étiquettes de plants de tomates ou caresser le carex et le chou kale dans leur pot. C'est beau de voir comme il est délicat avec les plantes. Mais aussitôt que j'ai le dos tourné, il plonge les mains dans la terre et ressort ses doigts dodus pour les glisser dans sa bouche question de savoir si cette chose ne serait pas succulente...


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