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À lire d'une couverture à l'autre, le dernier numéro du magazine canadien Garden Making avec des articles sur les plantes indigènes ( des questions et des réponses étonnantes), les nouvelles échinacées, les érables de modeste taille pour les petits espaces, l'intégration réussie des bulbes d'automne au jardin, les laitues de fin de saison à semer maintenant et j'en passe!

vendredi 9 décembre 2011

En pleine feuillaison

J'adore être absorbée par des livres et des magazines variés en des lieux et moments variés. Je tiens des pages reliées entre les mains? Un roman? Hum, il y a de fortes chances que ce soit de la lecture dite horticole: un catalogue de semences qui sort de la boîte aux lettres, un numéro maintes fois feuilleté de Gardens Illustrated datant de 2006 ou une récente parution de Larry Hodgson. Quand mon amoureux me voit lire le journal ou L'Actualité, il pousse un soupir de soulagement... Que voulez-vous! Ma préférence va aux lectures qui m'entretiennent de plantes, de jardins et d'horticulture. La belle saison me voit donner mes énergies au jardin alors que l'hiver, je me restaure de littérature horticole, toujours avide d'en savoir plus.

Et quoi de mieux qu'un blogue pour partager ces lectures palpitantes! Je suis bien excitée puisque j'ai reçu des ouvrages de la part d'éditeurs et j'ai bien hâte de vous les faire découvrir. J'entame donc cette nouvelle aventure avec une nouveauté, Arbres, de Hugh Johnson.


Volumineux, richement illustré et attrayant, Arbres appartient à la catégorie des livres qu'on laisse sur la table basse du salon pour le revisiter régulièrement et tenter, plus ou moins subtilement, nos invités de le feuilleter aussi. Pour ma part, comme le livre est beaucoup trop beau et que mes enfants sont beaucoup trop jeunes, je le range hors de portée! 

Hugh Johnson est un Britannique reconnu pour ses publications oenologiques, mais il est également un horticulteur éperdument amoureux des arbres depuis quarante ans. C'est également le temps qui sépare cette seconde édition de la première. Durant ce laps de temps, l'auteur a voyagé, collectionné, s'est fait forestier et livre dans cet ouvrage actualisé ses plus belles découvertes et ses amours renouvelés.

Le livre se divise en trois parties: le monde des arbres, les conifères et les latifoliés. La première partie traite de biologie et de botanique de façon simple et accessible, s'appuie d'illustrations de qualité ou des photos magnifiques (j'aime les plans de grains de pollen agrandis mille fois, pigmentés de couleurs surréalistes). Est bien rendue l'histoire des philosophes de la nature, des explorateurs, des botanistes, des jardiniers et pourquoi pas, des ophtalmologistes (voir Philipp Franz von Siebold, celui qui ramena du Japon le premier Hydrangea en Europe), tous ces observateurs et collecteurs de plantes à qui nous devons notre connaissance actuelle du monde végétal. D'ailleurs, il est renversant de réaliser à quel point nos jardins seraient tout autre sans la contribution de la flore asiatique: parmi les multiples tentatives pour pénétrer la Chine ou le Japon aux 17e et 18e siècles, celles qui ont connu du succès sont associées à la découverte de nouvelles espèces végétales qui ont bouleversé le monde européen. Sans contredit, voilà une partie du livre que j'ai dévorée.

Outre l'aspect scientifique et historique, Johnson a pris soin d'inclure l'aspect horticole des arbres. Il aborde donc la plantation, la taille et l'entretien avec un esprit critique et de l'expérience. Ne cherchez pas ici un traité sur l'entretien, l'information est plutôt concise et cherche à ne montrer que les bases. Toutefois, au fil du livre, l'auteur glisse quelques expériences -réussies ou ratées, mais toujours enrichissantes, qu'il a fait avec des espèces exotiques qu'il abrite chez lui.

Les vénérables et les vieux d'abord
Ce sont les conifères qui ouvrent le bal: ginkgo, pins d'Amérique du Nord, pins d'Asie, pruches, cèdres à encens et ainsi de suite. Les grandes familles sont dépeintes, dans chacune les membres sont distingués les uns des autres, l'histoire des plus remarquables est détaillée, entremêlée de poésie, d'anecdotes et de précisions qui nous font voir certaines espèces sous un jour nouveau.
Je ne suis pas certain de pouvoir affirmer que les ifs sont beaux. Personnellement, je les respecte plus que je les admire. L'if est un arbre ancien et vénérable. Il a la chevelure hirsute et la couleur du châle des veuves d'autrefois. Pourtant, en dépit de son aspect fatigué, ses baies sont rouge vif, ses nouveaux rameaux sortent bien droits de son vieux tronc et il extrait de la profondeur de sa ramure une poussière jaune brillant qui accroche le soleil au printemps.
(Les ifs, p.130)

Sapin de Corée prisé pour sa généreuse vision de cônes violacés, Cèdre vrai à la posture inoubliable, majestueuses Pruches de l'est et de la Caroline en danger actuel de se faire dévorées par un chenille chinoise, Pin de Wollemi rescapé des bouches des dinosaures et des changements climatiques, Séquoia géant de 30 m de circonférence... J'ai toujours eu en respect les conifères, toutefois après ce tour chez les ancêtres, je suis maintenant pleine d'admiration pour eux.

Jeunes feuillus
Plus récent et plus varié, le grand clan des latifoliés est un monde qui nous semble plus familier avec leurs fleurs et leurs fruits. Toutefois, il est bon de se frotter à une flore qu'on connaît peut-être moins et de faire la rencontre des quelques unes des 900 espèces d'eucalyptus, par exemple, ou de faire la connaissance du zelkova,  un cousin de l'orme et du micocoulier, habitants plus connus de notre paysage (encore que pour l'orme...) Encore une fois, on est saisi par notre ignorance, mais bon, on se dit que plus on lit, plus on comble l'écart...

Plusieurs pages sont consacrées aux vénérables chênes d'Europe et d'Asie (le chêne pédonculé, ce robuste ligneux est si mythique en Angleterre, il ne pouvait pas le passer sous silence!), mais également d'Amérique. J'aime bien le tableau comparatif des  25 espèces américaines, moi qui ai toujours eu de la difficulté à les distinguer entre eux!

Toute comme dans les sections précédentes, la qualité photographique est au rendez-vous. Les images mettent en valeur la beauté magistrale ou microscopique dans ces nobles végétaux. On n'a pas hésité à offrir des pages entières à des photos sublimes, comme à celle qui nous propose une vision virginale de cerisiers en fleurs sur le bord du bassin du Potomac, à Washington D.C. , qui coupe le souffle.

À offrir ou à s'offrir?
Évidemment, le fait que l'auteur soit britannique fait qu'il y a prépondérance de références à la Grande-Bretagne, mais il n'y a pas d'abus et comme nous faisons le tour des forêts tempérées, on saura reconnaître nos indigènes ainsi que les plus populaires ressortissants horticoles qui peuplent nos petits et grands jardins. De toute façon, le voyage ne requiert-il pas de s'ouvrir à la nouveauté?
Je ne pourrai prétendre avoir tout lu (laissez-moi au coin du feu avec une théière, un congé d'enfants et je dévore quelques dizaines de pages prestement) mais ce que j'ai feuilleté m'a conquise. Le livre ne ment pas, j'ai réellement voyagé en restant confortablement assise chez moi. Voilà un ouvrage qui plaira assurément autant à l'admirateur du monde naturel qu'au jardinier novice ou expert. Si on ne le reçoit pas en cadeau, il est tout à fait opportun de se l'offrir: on mérite tous de s'enrichir d'une nouvelle vision sur le monde captivant des arbres.


Arbres
Hugh Johnson
Les Éditions de l'Homme
400 pages
Prix de détail suggéré: 49, 95$.

La Journée Coucou: j'y adhère!

Ce matin, j'avais un beau message d'une lectrice du blogue habituellement discrète (voir muette!), le genre de message qui vous donne de l'énergie pour écrire cent billets! Si plusieurs d'entre vous, chers lecteurs, vous vous manifestez en laissant une empreinte écrite sous forme de commentaire au bas de mes billets, je suis sûre qu'il y a quelques lecteurs qui n'ont jamais osé pour toutes sortes de raisons! Moi-même je suis lectrice de multiples blogues et je ne laisse pas toujours de traces de mon appréciation. Et pourtant... Quand on écrit, il est si bon de savoir qu'on est lu avec plaisir, c'est la plus belle récompense!

Sans attendre des bouquets de compliments, j'aimerais vous lire le mercredi 14 décembre, comme le propose Tchoubi à travers sa Journée Coucou! Laissez donc un message et j'irai faire de même sur mes blogues favoris!

Au plaisir de vous lire!

mardi 6 décembre 2011

Schtroumpfez votre terrarium!

Il y avait longtemps que je voulais concevoir un terrarium. Mardi, j'avais enfin tout le matériel nécessaire sous la main et j'ai donc passé à l'action! Mes deux plus vieux ont été de bons assistants quoique c'était un peu délicat de leur faire glisser les matériaux dans le vase à l'encolure légèrement étroite. Un aquarium aurait été plus approprié pour eux.


Même si l'engouement pour les terrariums semble original et nouveau, le mouvement terrarium a été lancé par un Anglais, Nathaniel Bagshaw Ward, en 1829. Ce dernier avait remarqué la croissance de fougères et d'herbes dans le bocal où il avait isolé la pupe d'un papillon. L'idée n'était pas toute neuve, mais c'est lui qui lança officiellement la mode des terrariums en faisant concevoir des boîtes en verre plus sophistiquées qui furent très utiles pour ramener des plantes intactes de voyages houleux à travers les mers. Pour en apprendre plus sur cette période palpitante de découvertes botaniques, allez lire ici ou ici

Comme vous pouvez constater, notre petit terrarium n'est pas très sophistiqué et pourrait ne pas porter ce titre puisqu'il n'est pas hermétiquement fermé. Mais je trouvais le vase mignon et comme je ne transporterai pas la mousse jusqu'en Australie dans un bateau pendant plusieurs semaines (!) je me suis dit que le couvercle n'était pas obligatoire.



Pour réaliser un terrarium facilement, je vous invite à consulter le site du Jardin botanique de Montréal. La démarche y est clairement décrite. Pour trouver un pot, rien de plus simple: fouinez dans les bazars de votre quartier et laissez aller votre imagination! Une cloche à gâteau, un pot Mason, une longue bouteille... Pour les figurines, la mienne provient du dépanneur, d'une machine à figurines (!), mais sinon on peut en trouver encore là dans des bazars ou les commander sur Internet chez Etsy, par exemple. Et puis, je suis sûre que vous en conviendrez, ça fait de jolis cadeaux en cette période de l'année...

Des liens pour vous inspirer?
- DIY Moss Terrarium
- Twig
- Paula Hayes
- Tips by Tovah Martin

Photos par Jasmine Kabuya Racine. Tous droits réservés,

vendredi 2 décembre 2011

Recevoir et donner

Je ne me cacherai pas: j'adooore la créativité de Nancy Ondra, créativité qu'elle transpose à merveille à son environnement immédiat. Cette horticultrice américaine, ancienne propriétaire d'une pépinière de plantes rares, auteure de plusieurs livres horticoles et blogueuse, est surtout une amoureuse des plantes. Les nombreuses photos sur son blogue témoignent de son grand talent pour créer et capturer de vibrantes associations de végétaux qui peuplent son jardin de Pennsylvanie. Sur le même site, cette jardinière de haut niveau prodigue généreusement ses conseils et ses idées avec une modestie charmante.
 
Récemment, elle offrait de partager les semences d'une vingtaine de plantes issues de son jardin aux internautes intéressés. Quelle chance! je fus la première à répondre à l'invitation (suivie par de nombreux admirateurs) lui envoyant fébrilement mes préférences. Le 30 novembre, je recevais une petite enveloppe contenant sept autres petites enveloppes brunes, prometteuses de plantes nouvelles et exotiques!


Le projet de Nancy Ondra repose sur un échange. Je reçois des semences et en retour je m'engage à offrir autour de moi au moins l'une des variétés reçues l'automne prochain. J'espère donc avoir du succès avec mes semis et pouvoir ainsi partager avec vous, chers lecteurs, ces petites beautés.

Voici les semences reçues (je vous invite à consulter son billet pour admirer ces plantes):
  • Aristolochia fimbriata
  • Gossypium herbaceum 'Nigrum'
  • Patrinia scabiosifolia
  • Zea mays 'Old Gold'
  • Amsonia hubrichtii
  • Dianthus barbatus 'Black Adder'
  • Nigella damascena 'Cramer's Plum'

***

Tout bon jardinier adore échanger des semences. En effet, c'est un bon moyen de découvrir des variétés et d'en avoir plus pour moins de sous! Nicolas Cadilhac, un Montréalais, prépare d'ailleurs un projet avec pour vocation l'échange de plantes et de semences nommé Plantcatching. Le projet est toujours en gestation, mais son créateur s'engage à bien le ficeler avant de le mettre au monde! Pour en savoir plus et être averti du lancement, consultez son site!

Sinon, échangez-vous des graines d'une autre façon?

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