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À lire d'une couverture à l'autre, le dernier numéro du magazine canadien Garden Making avec des articles sur les plantes indigènes ( des questions et des réponses étonnantes), les nouvelles échinacées, les érables de modeste taille pour les petits espaces, l'intégration réussie des bulbes d'automne au jardin, les laitues de fin de saison à semer maintenant et j'en passe!

samedi 26 novembre 2011

Du vivant dans le mois des morts

Il m'arrive souvent d'envier les Anglais pour le climat semblable au nôtre, mais en version plus douce. Ce midi, je ne convoitais plus les Britiches puisque j'avais du plaisir à récolter de minuscules feuilles vitaminées au goût incomparable: bettes à carde rouge et jaune, kale 'Nero di Toscana' et 'Redbor', roquette, persil et marjolaine. Sommes-nous vraiment le 26 novembre?

Bette à carde (Beta vulgaris var. cicla)

Kale 'Nero di Toscana' (Brassica oleracea var.  acephala laciniata ' Nero Di Toscana')

Kale ' Redbor' (Brassica oleracea var.  acephala laciniata ' Redbor')


Bien sûr, nous avons connu notre première tombée du drap blanc cette semaine. C'était beau, c'était magique. L'exubérance des enfants était tellement contagieuse que moi aussi je me suis roulée dans la neige! Toutefois, deux jours après, la fonte totale a suivi pour délivrer quelques trésors protégés par les feuilles mortes; j'étais loin d'être déçue de trouver encore des verdures à croquer!

 Roquette (Eruca sativa)

Cependant, je crois que c'était bien la dernière récolte de l'année. Enfin, je pourrais me consacrer à l'autre passion qui m'habite, c'est-à-dire la lecture de livres horticoles et de catalogue de semences ("Pas déjà les catalogues!" soupirait mon amoureux il y a trois semaines en me voyant plonger avidement dans un de ceux-ci fraichement reçu par la poste). D'ailleurs, à mon anniversaire, j'ai eu le plaisir de recevoir de ma mère un livre aussi beau que pratique The Complete Book of Vegetables, de Matthew Biggs (je les adore ces Anglais!). J'ai apprécié la brève histoire des légumes et des potagers qui nous rappelle que notre lien avec les plantes potagères n'est pas qu'alimentaire, il est également culturel. On retrouve les légumes communs, ainsi que quelques-uns inusités, répertoriés sous forme de dictionnaire (on commence avec Agaricus bisporus, un champignon, et on termine avec Zingiber officinale, le gingembre). Chaque fiche est un condensé d'informations précieuses: variétés suggérées, propagation, croissance, récolte et conservation, le tout ponctué de trucs et de précisions que le jardinier appréciera hautement. J'aime particulièrement qu'on informe si les plantes se prêtent à la culture en contenants et que dans cette avenue, on suggère quelques variétés idéales pour les petits espaces, à condition qu'on retrouve ces cultivars ici! Surtout, le livre suggère comment apprêter les plantes potagères et par moment, détaille une recette du chef Jean-Christophe Novelli. Le livre m'a fait découvrir de nouveaux légumes (oui! oui!) comme la bardane (Arctium lappa et A. minus) cette grande indésirable dont les racines seraient excellentes en stir-fry...

L'ouvrage, aux photographies alléchantes par ailleurs, s'achève sur quelques articles abordant la culture de mini-légumes, des germinations et des micro verdures (une tendance à laquelle je veux absolument m'abonner cet hiver) et offre un glossaire ainsi qu'une liste des plantes lauréates du Award of Garden Merit (AGM) de la Royal Horticultural Society (le All-American Selections est notre penchant américain). Un beau livre pour les mordus des plantes potagères ou ceux et celles qui aspirent à le devenir!


Photos par Jasmine Kabuya Racine. Tous droits réservés.

mardi 15 novembre 2011

Moins de café, plus de verdure


La nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre à travers les membres de l'Association des amis du parc des îles de Saint-Timothée, mais aussi entre les citoyens habitant à proximité de la pointe Jobin: la ville avait pour projet de dézoner cet espace vert pour accueillir un commerce, plus précisément un futur Tim Hortons. Sylvain, citoyen concerné, a contribué largement à la diffusion de la nouvelle en allant informer plusieurs résidents. Hier, une trentaine de citoyens, dont moi-même, étions à la consultation publique se tenant à l'Hôtel de Ville de Salaberry-de-Valleyfield pour dénoncer la conversion de ce bel espace où poussent des érables argentés matures en surface asphaltée qui convienne tant aux projets commerciaux.



Malgré que la pointe Jobin ne soit ni un parc, ni un espace vert très fréquenté, il a été remarquable de voir la mobilisation des résidents. Il fallait entendre les gens s'exprimer sur l'importance de cet écrin vert: c'est l'une des deux entrées du quartier St-Timothée, un ancien village qui a du pittoresque et qui désire le conserver; c'est l'un des rares endroits où s'étende une pelouse émeraude et de grands arbres qui balaient le ciel de leurs longues branches hiver comme été; c'est un endroit où un père joue avec ses enfants; c'est le calme de la verdure dans la fenêtre de salon d'un autre; c'est un paysage, un bout d'esthétisme nécessaire pour apaiser les coeurs et briser la monotonie de l'asphalte; ce sont les arbres matures qu'on a regardé pousser depuis 40 ans; c'est l'avenir d'un espace luxuriant pour une autre...

Les élus ont tendu l'oreille, ont hoché la tête. Oui, vous avez raison, concitoyens, préservons cet endroit.

Bravo aux manifestants!
Bravo aux élus!

Les prochaines générations nous remercieront.

mercredi 9 novembre 2011

Les feuilles maudites

La saison du balai à feuilles s'achève splendidement! Dans ma Montérégie du Sud-ouest en tout cas il a fait beau, et ce, pendant plusieurs journées consécutives. Malgré cette température clémente étonnante, dans chaque conversation avec mes voisins (beaucoup sont retraités ou sont disons, parents de grands enfants) se glissait une remarque sur le manque de plaisir à effectuer la corvée du ramassage des feuilles. 


Et je les comprends!

C'est-tu plate de racler des feuilles en s'en faire mal au dos puis de se pencher à s'en faire un tour de rein pour les piler dans des dizaines de gros sacs oranges? De surcroît, la plupart de ces voisins effectuent cette tâche depuis quelques décennies, depuis qu'ils sont d'heureux propriétaires de bungalows. 

Moi, en tout cas, je fais tout pour m'éviter cette tâche. Je fais tout pour retirer que des bénéfices de la tombée des feuilles.

Je passe la tondeuse plusieurs fois sur le tapis de feuilles pour les déchiqueter (je fais cela depuis deux ans et j'ai pu remarquer que sans autre ajout d'engrais la pelouse est plus verdoyante qu'à notre arrivée). Idéalement, je souffle avec la tondeuse les débris dans une plate-bande. Le contraste est fort joli d'ailleurs.


J'ai aussi décidé que la plate-bande au fond de ma cour, où sont alignés plusieurs arbres, ne serait pas engazonnée, mais plutôt garnie de paillis. Je laisse donc les feuilles s'échouer à cet endroit et au printemps, les micro-organismes auront tôt fait de réduire ce gros tapis de feuilles en un mince paillis idéal pour empêcher les mauvaises herbes de s'installer et pour conserver l'eau au pied des vivaces.

En façade, je racle les feuilles dans les plates-bandes, par-dessus mes vivaces que je laisse faner sur place. Si au printemps je trouve que le paillis de résidus est trop épais, j'en racle une partie pour le mettre au compost et j'incorpore le restant au sol. L'avantage de laisser les débris tout l'hiver est que ceux-ci seraient plus décomposés que si je les avais ramassés l'automne précédent pour les mettre au compost, qui par ailleurs déborderait!

Je fais un tas de feuilles sous mon épinette bleue, près des bacs à compost. Ainsi, je peux ajouter des feuilles au compost l'été suivant. Si on ne trouve pas cela très élégant, on peut toujours cacher les feuilles dans des sacs. Une nouveauté pour cette année, je vais recouvrir ces feuilles de résidus de taille d'arbres de mon voisin pour former un beau paillis riche sous cette épinette.

Dans tous les cas, je crois qu'il faut se réconcilier avec nos feuilles mortes: il faut voir en elles tout le potentiel nutritif et esthétique qu'elles possèdent!

Érablière à caryers, parc régional des îles de Saint-Timothée

Mais qui va nettoyer cette forêt????


Photos par Jasmine Kabuya Racine. Tous droits réservés.

jeudi 3 novembre 2011

Les dernières gloires de l'automne

Un matin de cette semaine, la plupart des plantes tropicales laissées à elles-mêmes avaient l'air affreusement molles, l'eau de leurs cellules ayant gelée sous un bon froid nocturne. Les arbres ont alors perdu abondamment leurs capteurs solaires durant cette journée. C'était beau d'observer cette valse lente de feuilles lumineuses dans le paysage.

Le Ginkgo biloba, lui, n'a pas fait dans la danse céleste. Génétiquement, il préfère dorer spontanément sa parure (ou pas du tout) et la laisser choir au complet sans préavis.


Un ginkgo luminescent le 30 octobre

Au 31 octobre, l'arbre est soudainement nu.

Cette jolie graminée, achetée à Moisson en fleurs par une amie il y a deux ans, portait le nom de Molinia caerulea 'Moor'. Cette année, j'ai constaté grâce à sa floraison que la plante était une imposture! Décidément, les graminées adorent jouer à échanger leurs noms! Il s'agit fort probablement du panic érigé ou plus précisément de Panicum virgatum 'Rotstrahlbusch': en allemand, cela signifie 'buisson des rayons rouges' (chez Bluestem ils différencient très bien les trois variétés à feuillage rouge que l'on retrouve chez P. virgatum). Chez cette variété, les longues feuilles sont vert tendre avec une pointe de rouge à l'extrémité durant toute la saison végétative, teinte qui s'intensifie à l'automne. Son port est assez droit et elle est plutôt petite, ce qui en fait une graminée idéale pour les petits jardins. Je crois bien m'être attachée à elle depuis quelques jours: la lumière automnale met en valeur son rouge ardent et cela fait comme un petit feu d'artifice végétal dans mes plates-bandes.

Vaccinium angustifolium

Autre plante qui prend le carmin comme coloris d'automne c'est le bleuetier ou airelle à feuilles étroites (Vaccinium angustifolium). Cette nouveauté achetée cet été en ligne chez la Pépinière rustique était toute désignée pour ma plate-bande sous le bouleau (je vous reparle plus en détail de la transformation lorsque ce sera achevé). Cette plante indigène se plaît dans un environnement acide, sablonneux et bien drainé. Il formera un couvre-sol de 50 cm de hauteur qui se couvrira de fleurs au printemps et de fruits (des bleuets, évidemment!) délicieusement sucrés en été. Qui dit mieux?

Toujours parée de fleurs, cette astrante (Astrantia major 'Star of Billion') m'avait laissée plutôt tiède cet été. Je trouvais les fleurs un peu fades, car elles étaient plus vertes que blanches. Cette seconde floraison plus abondante montre des fleurs plus blanches qui éclatent dans le décor plutôt terne! De plus, elle semble bien aimer son emplacement qui est au nord dans un sol humifère.

 

Le feuillage bronze et doré de cette osmonde royale (Osmunda regalis) est un régal pour l'oeil. La plante bénéficie d'un sol toujours humide.  Cette indigène est facilement reconnaissable avec ses très grandes frondes parées de folioles oblongues à la marge si finement découpée qu'on la croirait unie. La mienne est encore petite, mais elle pourrait atteindre les 3 mètres!

***

Il fait beau, le temps n'est pas trop humide; c'est un temps idéal pour passer la tondeuse sur les feuilles et faire ainsi un paillis pour nos arbres et arbustes et nos plates-bandes de vivaces. J'en profite également pour arracher les mauvaises herbes visibles et planifier déjà les prochaines plantations de légumes! Repos du jardinier? Attendons plutôt à la première bordée de neige!


Photos par Jasmine Kabuya Racine. Tous droits réservés.

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