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À lire d'une couverture à l'autre, le dernier numéro du magazine canadien Garden Making avec des articles sur les plantes indigènes ( des questions et des réponses étonnantes), les nouvelles échinacées, les érables de modeste taille pour les petits espaces, l'intégration réussie des bulbes d'automne au jardin, les laitues de fin de saison à semer maintenant et j'en passe!

mercredi 29 juin 2011

Autonomie au jardin

Je regarde le calendrier et me dis que le temps des jours beaux passe si vite!
Malheureusement, les pauses manquent au quotidien pour écrire; ma liste de priorités commence souvent par repas, aspirateur, désherbage, répondre à un vieux courriel... En toute sincérité, je ne peux pas mettre à jour le blogue comme je le voudrais, à moins de sauter le bain des enfants!
Si seulement, mes pensées pouvaient se transcrire toutes seules sur le blogue, vous verriez que je ne manque pas de jasette concernant l'évolution du jardin ici.

Voluptueuses laitues
Si vous pensiez qu'une laitue n'est seulement belle qu'accompagnée de tomates en quartiers et nappée de vinaigrette, détrompez-vous. Une laitue peut être ravissante lorsque mature, surtout lorsque ses feuilles sont très texturées. La preuve:



Cette vedette chez les plantes potagères se nomme 'Grosse blonde Paresseuse', une laitue adoptée sous la suggestion de Patrice Fortier (La Société des plantes) dans un numéro printanier de Fleurs Plantes Jardins. On récolte ses belles feuilles croquantes en commençant par le pourtour. Aucun prédateur ne semble vouloir la perforer: est-ce parce qu'elle croit dans un bac sur le balcon? Avant-hier, j'ai ressemé cette variété en pleine terre (on verra si elle sera la proie de limaces...) en prévision de la montaison des laitues. On sera content dans quelques semaines de voir apparaître de nouvelles déesses verdoyantes.

Les herbes autonomes
Beau nom pour ces plantes qui se frayent un chemin au jardin, poussent sans notre aide, enjolivent sournoisement l'entourage des plantes horticoles et nous font dire "ouf, j'ai du désherbage à faire!" Oui, il s'agit bien des mauvaises herbes, celles qui font souffrir le jardinier du dimanche, font exclamer le botaniste amateur et rendent perplexe le passionné de jardin...

Tiens, voilà la vesce jargeau (Vicia cracca) une plante naturalisée d'Europe et qui s'est glissée presque partout dans notre paysage. Ses fleurs mauves ou bleues sont  mellifères et donc visitées abondamment par les insectes. Ce sont ses vrilles qui lui permettent d'atteindre les hauteurs, souvent aux dépens de la végétation environnante. Chez nous, elle fait sa reine et se retrouve dans plusieurs plates-bandes...Tirer dessus soulage temporairement le jardinier dont les yeux ne savent plus se détourner des herbes trop autonomes : il faudra tôt ou tard déterrer délicatement les racines beiges puisque le moindre morceau laissé sur place se reproduira. Un joli cauchemar...


Diantre, des Dianthus barbatus!


Issus d'un mélange de semences de pré fleuri pour site semi-ombragé, ces oeillets de poète fleurissent pour la première fois chez nous. Chez cette vivace, les coloris des inflorescences varient du magenta au blanc veiné de rose. Si la plante a la vie courte (on la traite souvent en bisannuelle), il faut mentionner que ses fleurs durent très longtemps, autant sur la tige qu'en pot: ma fille en fait des bouquets régulièrement et les fleurs peuvent survivent deux semaines sans montrer des signes de fatigue! Certains coloris sont plus intéressants que d'autres et moi, c'est le magenta qui me fait craquer. Je suggère d'intégrer cet oeillet à travers des vivaces à hauteur moyenne, question de cacher sa tige quelque peu dénudée. Sur la photo l'oeillet s'est immiscé au travers d'un iris, on pourrait dire que la plante est semi-autonome chez  moi...


samedi 18 juin 2011

Ail, ail, ail


L'étoile de Perse (Allium christophii) fleurit en ce moment au jardin pour la première fois. L'automne passé, le doigt de mon conjoint s'était arrêté sur l'image de cette belle inflorescence dans un de mes bouquins et enjouée, j'avais commandé cette plante dans notre lot de bulbes 2010

Pas plus haute que 60 cm, l'étoile de perse est ici mariée avec les laitues. 
 
 

Sa floraison succède à celle de l'Allium hollandicum 'Purple Sensation' que nous aimons aussi beaucoup. Même dépourvue de ses pétales mauves, l'inflorescence qui se meurt demeure jolie.



 Le genre Allium est certainement l'un des plus apprécié par les humains. Il n'y a qu'à penser à l'oignon (Allium cepa) dont on se délecte depuis l'Antiquité (les Égyptiens par contre le vénéraient sans le porter à leur bouche). Que ferions-nous sans se précieux bulbe dans notre cuisine?

 La tige de l'oignon. Ces oignons ont été planté à l'état d'oignonets au printemps.

Et son homologue, l'ail cultivé (Allium sativum) qui possède un statut très enviable dans le monde végétal, celui d'être cultivé tout autour du globe pour son bulbe savoureux. Bientôt, la hampe florale qui se recourbera sera cueillie pour confectionner un pistou ou pour être simplement hachée et conservée dans l'huile d'olive. Le bulbe sera retiré du sol au moment où la tige sera jaunie et devra être séché à l'intérieur.

 Allium sativum var. ophioscorodon ou ail à tige dure. 
À sa gauche, les feuillages des tulipes et de l'Agastache 'Apricot Sprite' et en arrière-plan Deschampsia cespitosa.

Nous avons également sur notre terrain l'Allium tuberosum, communément appelé ciboulette à l'ail ou ciboule de Chine. On la reconnaît à sa feuille applatie qui possède effectivement un bon goût d'ail. En cuisine, les Indiens et les Chinois l'utilisent beaucoup. Une belle inflorescence blanche apparaît à la fin de l'été et un parfum d'ail envahit l'air à cette période...


La très connue ciboulette de nos jardins (Allium shoenoprasum) a également sa place chez nous. Comme elle est bien rustique et que ses feuilles apparaissent tôt au printemps, on adore ce condiment qui est l'un des premiers à être croqué. La fleur peut également servir en cuisine: il n'y a qu'à visiter Martine puis à taper "ciboulette" dans Rechercher et vous ne manquerez pas de suggestions où glisser cette petite boule mauve joyeuse!


mercredi 1 juin 2011

Aux bermudas!

Ça y est, nous sommes enfin servis en chaleur, soleil et humidité!
Chaque tournée quotidienne au jardin révèle l'explosion de nouvelles formes, de nouvelles inflorescences et de nouveaux parfums.

Aujourd'hui est particulièrement venteux à Valleyfield. Un vent d'ouest en est balaie la ville, fait lever la poussière des route et provoque la chute massive de feuilles d'arbres. Il est imaginable qu'il s'avère très difficile de photographier des végétaux de près! Vous le constaterez par mes photos prises de cette petite liliacée qui a immigré dans une de mes plates-bandes: j'ai dû saisir la fleur minuscule entre mes doigts afin que le résultat ne soit pas flou. Je n'ai pas pu en faire autant pour le reste de la plante!



Bermudienne. C'est un nom mignon qui évoque les chaleurs du Sud et qui sied bien au bleu des pétales de cette plante. Sisyrinchium angustifolium, c'est son petit nom latin; plus corsé sur la langue pour ce qui est du nom de genre; aisé à prononcer et à se souvenir pour ce qui est du nom de l'espèce puisqu'il est commun de voir le mot latin angustifolium accolé à des noms de plantes pour signifier que celles-ci possèdent des feuilles étroites.

Parmi les intruses que je trouve au jardin, certaines me plaisent, comme cette bermudienne qui semble bien se comporter, c'est-à-dire, semble habiter l'endroit sans tendance envahissante! Un été, j'avais laissé la vie sauve à une ombellifère dont la fleur aux allures de dentelle blanche m'émouvait. Erreur! La plante s'est ressemée intensément et maintenant je me dois de l'arracher sous peine de la voir conquérir toute une plate-bande. Il y a un certain risque à laisser aller ces immigrantes (soyez sûrs, je ne suis pas contre l'immigration dans notre pays, bien au contraire!) dans son jardin, mais pour plusieurs envahisseuses on saura se réconcilier avec la découverte de quelques belles plantes qu'on aurait jamais pu trouver en pépinière ou qu'on aurait jamais pu imaginer à telle place au jardin.

***
Le récent billet de Nancy J. Ondra est fort intéressant (en anglais). Cette magicienne des associations des plantes est fort inspirante et elle ose révéler les trucs pour réussir des matchs parfaits entre les fleurs et les feuillages pour obtenir des photos sublimes. Un de ses trucs? Le bon moment! Eh oui, il n'est pas rare qu'une image parfaite au jardin soit le fruit du hasard: nous, déambulant au bon moment, la lumière à cet instant, la forme inusitée d'une plante grâce à tel manque ou à tel excès d'un élément (voir soleil, eau, minéraux), la présence d'une immigrante végétale (tiens, tiens...), le coup de sécateur  ou de ciseaux qui a modifié la forme... On comprend que de multiples facteurs sont entrés en jeu pour donner cette image d'un jardin, ou plus précisément d'une association de plantes, qui nous fait dire wow!

Dans mon cas, je me fie souvent au bon moment. Mes photos ne sont pas arrangées, c'est principalement le fruit du hasard qui fait bien les choses, j'ai peu de mérite dans mes associations au jardin, je dirais même que je m'amuse à essayer sans trop y penser, question d'être surprise...

Je termine en affichant trois exemples d'association purement aléatoires, cela donne une idée du pouvoir du hasard!

 Je triche ici: ce n'est pas chez moi, mais bien au jardin de l'Alberta (parc Jean-Drapeau) où on observe des marguerites et autres "envahisseuses" venir s'associer à un knifophia planté consciencieusement.

 Chez moi, un moment en juin 2010. 
Le pré fleuri est un exemple d'image qui est grande partie due au hasard.

Prise du jour. 
Hosta, iris et matteucie; un match de textures magnifiques et non prévu.

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