Pages

vendredi 16 septembre 2011

Avant l'horticulture, l'agriculture

D'où provient l'horticulture? 

De l'agriculture, bien sûr! Avant d'accéder à la pratique de cet art du jardin, il fallait maîtriser l'art de se nourrir, l'art de tirer profit de la nourriture de la terre. 

Aujourd'hui, l'horticulture a des visages multiples. Elle peut ressembler à ce pétunia aux pétales noirs nouvellement hybridé qui ajoutera cette touche particulière à une potée fleurie d'une maison d'un quartier huppé. L'horticulture peut apparaître aussi dans cette betterave au feuillage pourpre qui embellit un parterre et cache sous terre sa racine comestible pour le plaisir du gourmet.

À mon humble avis, l'horticulture doit être ce mariage entre le beau et le bon. Bien sûr, dans mon jardin, il y a de ces plantes horticoles qui ne sont bonnes que pour mes yeux ou mon nez. Mais de plus en plus, je penche vers ce besoin de cultiver du bon pour mon palais, pour ma santé, de jardiner pour la substance. Le défi alimentaire qui se pose aujourd'hui avec cette menace toujours plus pesante des multinationales alimentaires, de connivence avec les épiceries, qui mettent de côté les produits bruts (contournez-vous vous aussi les allées centrales de votre épicerie remplies de boissons sucrées, de biscuits fades suremballés et de bouchées de viandes assaisonnées qui sont loin de nous nourrir?) nous oblige à réfléchir à comment s'alimenter. La réponse, je crois, commence en avant de notre porte, autour de notre maison, bref, dans notre jardin.
Un voisin a fait le tour du jardin un matin et je lui ai pointé les diverses plantes potagères. Il fut impressionné de constater que ces plantes étaient aussi bien dissimulées dans l'aménagement paysager; de la rue le passant ne se doute pas de l'abondance des plantes comestibles dans les plates-bandes!
Et une vague se soulève. Celle de cultiver ses plantes potagères oui, mais surtout de les cultiver partout. Que ce soit sur un balcon, dans un pot, sur le toit, à l'envers, en façade, en rangées, à l'intérieur, un petit peu, immensément, passionnément. Je crois sincèrement comme plusieurs que nous nous devons de cultiver un peu de notre nourriture avec les moyens qui sont à notre disposition.
Laitues en pots

Si vous habitez la région métropolitaine et voulez que l'agriculture en milieu urbain soit mis de l'avant, signez la charte citoyenne montréalaise en agriculture urbaine que vous trouverez ici mise en lien sur le site d'Ismaël Hautecoeur, un acteur dévoué à la cause depuis plusieurs années ou allez directement sur le site du CRAPAUD (collectif de recherche en aménagement paysager et agriculture urbaine durable) et profitez-en pour en apprendre un peu plus sur comment devenir un acteur du mouvement. Et puis où que nous soyons dans la province, donnons-nous le défi de planter de plus en plus de ces belles choses bonnes pour nous.
 Fleur de carotte

Règle 62: Cultivez un potager si vous avez l'espace sinon cultivez-le dans une balconnière.
Y-a-t-il un lien entre l'action de cultiver votre nourriture et la restauration de votre relation avec la nourriture et votre façon de l'ingérer? Évidemment. De prendre part aux processus complexes et sans cesse intéressants qui mènent à vous sustenter est sûrement la façon la plus efficace d'échapper à la culture du fast food et des valeurs qui l'accompagnent: c'est-à-dire que la nourriture devrait apparaître rapidement, n'être pas chère et facile à obtenir; que la nourriture est un produit d'industrie et non pas de la nature; que la nourriture est un carburant plutôt qu'une forme de communion avec d'autres gens, et avec d'autres espèces, avec la nature. À un autre niveau, vous mangerez ce que produira votre jardin, ce qui signifie des produits les plus frais et les plus nutritifs qui soient; vous vous maintiendrez en forme en jardinant (et être dehors, loin de votre écran); vous économiserez de l'argent (selon l'Association nationale du jardinage, soixante-dix dollars investis dans un potager vous feront récolter une nourriture d'une valeur de six cents dollars) et vous serez alors évidemment enclin à suivre la prochaine règle (NDT: qui est de cuisiner!)

Food Rules: An eater's manual, Michael Pollan, 2009.
Traduction libre par Jasmine Kabuya Racine.
Livre disponible aussi en français (ici).
D'autres règles inoubliables pour se nourrir sainement (en anglais): ici.

5 commentaires:

  1. Excellent billet Jasmine!

    Tu as bien raison de mentionner le fait que tout peut se cultiver qu'on habite la ville, la banlieu ou la campagne; nous avons les moyens de le faire.

    Pourquoi ne pas se donner la peine, il n'y a rien comme un légume frais et c'est une bonne façon de garder un peu d'indépendance envers les compagnies agroalimentaires en plus d'être une économie.

    Merci, Louise

    RépondreSupprimer
  2. Merci Louise de confirmer que nous avons tout à gagner de cultiver quelques denrées dans notre jardin!
    À bientôt!

    RépondreSupprimer
  3. (Je ne crois pas que mon 1er commentaire s'est rendu... donc, je disais...)

    Je suis tellement d'accord avec cette façon d'aménager notre espace cultivable. M'étant davantage intéressée à l'horticole qu'à l'agricole car si ça ne prend pas bien y'a moyen de rattraper l'année suivante, j'ai tout de même semé qlq haricots violets pour garnir mon balcon pour découvrir qu'ils étaient plus tendres que ceux achetés et cuisinés le jour même. J'aime bien aussi les doliques égyptiennes; tellement décoratives, j'en avais orné mon balcon du 2e étage, à Lachine. Reste à les goûter.

    Je ne pense pas encore aux tomates à cause du sol argileux. Mais je crois comprendre que les courges sont faciles à cultiver: sorties d'un «trou à compost», elles me fournissent, plus que mes besoins de grosses courges spaghetti ou musquée croisée avec de la courgette blanche?! C'est possible? Elles ont la robe de la courgette blanche, la forme de la musquée et la texture un tantinet comme la spaghetti. C'est décidé, l'année prochaine je sème de la courge buttercup, ma préférée. Mon garçon apprécie bcp... pas la courge, l'espace occupé qu'il n'a plus à tondre!

    Je pense aussi aux concombres; j'aimerais en avoir des croquants et non cireux. La betterave aime les sols lourds?

    Si tu avais d'autres suggestions à nous faire pour la culture décorative de légumes; cette idée me motive à faire de l'agriculture car si la récolte est pauvre, j'aurai au moins profité de la beauté du plant ou de l'écran végétale.


    (Concernant un autre commentaire sur les pierres en surabondance: comme tu le conseillais, je les ai placé le long de la p-b, mais j'ai creusé une ornière sinueuse qui suit le sentier. Ça drainera le sentier, la p-b, empêchera qlq racines de soulever les tuiles du sentier mais je sais que ça n'arrêterait pas les racines traçantes. Il y en a tellement, l'ornière me permet d'en disposer.)


    Ilona

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour Ilona!

    Effectivement, le premier commentaire ne s'est pas rendu: bravo pour avoir persévéré en le réécrivant.

    As-tu récolté toi-même les graines de tes courges? Si oui, il se peut bien que tes variétés se soient croisées.

    Les betteraves aimeront ton sol argileux, quoiqu'il peut être bien d'ajouter un peu de compost pour ameublir le sol.

    Je compte bien développer dans le futur mon expertise en matière de potager ornemental en testant des plantes et des techniques! N'hésite surtout pas aussi à nous faire part de tes observations: on rendra ainsi accessible des connaissances sur la culture décorative des légumes, comme tu le dis si bien.

    À bientôt!

    RépondreSupprimer
  5. Bonsoir Jasmine!

    Pour les courges, en fait, je n'ai pas récolté les graines. Je ne me serais jamais cru prête à faire la culture de courges. Je me rappelle des citrouilles de ma mère qui n'arrivaient jamais, même à un semblant de maturité! Elles proviennent des résidus de courges que j'ai consommées, croisées avec des courgettes blanches (?) que j'ai dû composter à cause de leur état. Je dis «compostée» mais j'ai enterré bcp de déchets végétaux quand je n'avais pas encore mes composteurs pour ameublir au plus vite. Les plants de je ne sais quelles courges en sont sorti, les bourdons ont fait le mixage...

    Je vais regarder pour des betteraves l'année prochaine, si ce n'est pour le beau feuillage, ce sera pour des bettes jaunes, bicolores ou autre. Merci du conseil!

    À la prochaine, Ilona

    RépondreSupprimer

Droits réservés

Creative Commons License
This work is licensed under a Creative Commons Licence.